
Avez-vous remarqué comment on parle de vous ?
On devrait répéter chaque jour que vous êtes la principale ressource naturelle de notre pays. Mais pour les medias, pour la classe politique, vous êtes globalement un problème : condamnés au chômage pour un quart d’entre vous, à une absence inéluctable de retraite, à une incapacité totale d’intégration dans nos banlieues…
Vous êtes tellement à plaindre qu’il faut imaginer des « revenus contractualisés d’autonomie » pour accompagner votre entrée dans la vie active, qu’il faut contraindre par la loi les entreprises à augmenter le nombre d’apprentis, qu’il vous faut gommer sur le CV votre nom s’il ne « sonne pas convenablement », votre adresse, votre photo, votre spécificité…
Que dirait-on d’un parent qui élèverait son enfant en le plaignant chaque jour d’être ce qu’il est, et qui se pencherait à son chevet pour l’accabler de tous les maux en accusant la fatalité, la société, les marchés, la crise, les patrons ?
A force de vous ôter toute confiance en vous-mêmes, on risque de vous transformer en une génération d «indignés» pour reprendre un mot dans le vent.
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