Philippe Hayat est intervenu vendredi 19 décembre 2008 dernier sur Radio Classique à propos du statut de l'auto-entrepreneur qui rencontre un vif succès. Une révolution également pour les PME ? Extrait de son intervention.
Philippe Hayat est intervenu vendredi 19 décembre 2008 dernier sur Radio Classique à propos du statut de l'auto-entrepreneur qui rencontre un vif succès. Une révolution également pour les PME ? Extrait de son intervention.
Posté par 100 000 Entrepreneurs le 21 décembre 2008 dans Médias, Philippe Hayat, Tribunes | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Posté par 100 000 Entrepreneurs le 15 décembre 2008 dans Philippe Hayat, Tribunes | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
A l’occasion des Journées de l’entrepreneur qui se déroulent cette semaine, un sondage réalisé en ligne par OpinionWay auprès d'un échantillon de 998 personnes affirme que 63% des sondés déclarent ne pas être ou ne pas avoir été tentés par l'aventure de la création d'entreprise. 77% d'entre eux pensent que l'environnement ne leur est pas favorable. Pour 68 % des porteurs de projet, la création d'entreprise est avant tout un moyen de créer son propre emploi. Ces chiffres expriment de toute évidence une forte réticence à entreprendre dans notre pays.
Au même moment qu’il détaillait le nouveau statut de l’auto entrepreneur, Hervé Novelli déclarait s'attendre à des créations d'entreprises « record » en 2008, malgré le ralentissement économique. Au premier regard, ces chiffres paraissent antinomiques. En les analysant de plus près, on peut se risquer à l’interprétation suivante : la plupart des entreprises créées ne sont pas nées d’une envie entrepreneuriale, mais d’une démarche par défaut, menée dans le seul but de retrouver un emploi. Autrement dit, la plupart des entreprises sont créés par nécessité, et non par opportunité, leur fondateur se « rabattant » sur l’entrepreneuriat parce que le salariat n’a pas voulu d’eux.
Ce constat n’a rien d’étonnant. En cette période de crise, l’aversion au risque augmente. Le système financier est cloué au pilori. On entend parler de l’entreprise uniquement dans le contexte d’un plan de licenciement ou d’un scandale financier. Ca ne donne pas envie … Il est caractéristique de constater qu’à aucun moment dans le sondage cité ci-dessus, on ne parle de l’entrepreneuriat comme moyen d’expression et d’émancipation. Or la vraie richesse de la démarche entrepreneuriale consiste justement à « prendre sa vie en main », c’est-à-dire à rendre les individus qui entreprennent plus libres et plus épanouis. On n’entreprend pas « faute de mieux », mais avec l’envie chevillée au corps. C’est justement parce que nous sommes en période de crise qu’il est urgent d’inverser la tendance, et de passer de l’entrepreneur « nécessiteux » à l’entrepreneur « opportuniste ».
Philippe Hayat
Posté par 100 000 Entrepreneurs le 20 novembre 2008 dans Philippe Hayat, Tribunes | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Le salon des micro entreprises, au cours duquel nous intervenions la semaine dernière, s’est tenu à Paris du 14 au 16 octobre. A cette occasion, les dirigeants des TPE (très petites entreprises) ont été sondés sur leur perception des impacts de la crise économique actuelle. Rappelons que ces entreprises de moins de vingt salariés représentent tout de même 96 % des entreprises en France.
Les résultats sont édifiants : plus de la moitié d’entre eux reste optimiste. Ils sont 36 % à prévoir une augmentation de leur chiffre d’affaires, et 22% envisagent une stabilité de leur activité. Mais, et surtout, 89 % d’entre eux n’ont pas révisé leur objectif d’embauches, et 73 % d’entre eux conservent en l’état leurs projets d’investissement (d’après un échantillon de 4.500 entreprises).
Qui peut encore prétendre négliger les bienfaits de l’entrepreneuriat sur le fonctionnement de notre Société ? Les entrepreneurs portent l’activité de notre pays par leur dynamisme, leur optimisme, et leur foi en l’avenir. Puissent les restrictions du crédit ne pas briser cet élan. Les entrepreneurs en seraient les premières victimes ; le pays s’engagerait alors tout droit dans une profonde dépression.
Philippe Hayat
Posté par 100 000 Entrepreneurs le 20 octobre 2008 dans Philippe Hayat, Tribunes | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Lorsqu’un entrepreneur intervient devant une classe, les élèves lui posent immanquablement la question suivante : « êtes-vous devenus riche ? ». Chaque entrepreneur répond comme il l’entend, selon sa sensibilité. Lorsqu’on me pose la question, je réponds généralement aux élèves par une autre question :
« - Selon vous, l’entrepreneur est-il le premier à se rémunérer dans son entreprise ?
- Non, bien sûr, répondent-ils en chœur, il faut d’abord payer les salariés, puis les fournisseurs, puis les impôts … »
Je poursuis :
- Et s’il ne reste plus d’argent pour l’entrepreneur ?
- Eh bien tant pis pour lui, il ne gagne rien !
- Et s’il reste beaucoup d’argent ?
- Alors tant mieux pour lui, il gagne plus ! »
Avant d’évoquer la richesse supposée d’un entrepreneur, il convient donc de lier l’idée du gain avec la notion du risque pris. Il apparaît alors naturel de gagner beaucoup d’argent à partir du moment où l’on prend le risque de ne rien gagner, voire de perdre l’argent qu’on a investi.
Ce raisonnement doit aussi s’appliquer aux patrons de grands groupes : leur réussite doit être récompensée tout autant que leur échec doit être sanctionné. Si l’état du groupe qu’ils dirigent se détériore sous leur direction, ils doivent démissionner sans indemnité, et s’estimer heureux d’avoir pu conserver leur salaire tout au long de leur mission.
A l’heure où de grands patrons d’institutions financières en mauvais état quittent leur entreprise, comment ne pas s’indigner de les voir toucher un chèque d’indemnités de départ en remerciement de services rendus ? Il devient insupportable de voir un parachute doré se déployer devant un avion en flamme. Les grands patrons doivent se comporter comme des entrepreneurs, y compris dans la gestion du gain et du risque associé.
Philippe Hayat
Posté par 100 000 Entrepreneurs le 13 octobre 2008 dans Philippe Hayat, Tribunes | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Le 24 septembre marque la sortie du film tant attendu intitulé « Entre les murs », récent lauréat du Festival de Cannes. Ce film est remarquable à bien des égards, notamment par le réalisme qu’il dégage, le talent de ses jeunes acteurs, et l’originalité de sa mise en scène façon documentaire.
Pourtant, je suis sorti de la salle en ressentant un certain malaise. Ce film m’a envoyé en pleine figure le désarroi de jeunes adolescents, notamment ceux issus de l’immigration. Que nous disent-ils ? Qu’ils ressentent la société hostile, l’avenir sombre, l’autorité professorale incongrue. Ces jeunes se sont psychologiquement installés dans une catégorie à problème (la société les y a sans doute bien aidés) : celle qui n’a rien et ne peut rien espérer. Celle qui se révolte par la négation et la violence.
Notre première impulsion de spectateurs pourrait nous conduire à les plaindre. Ce n’est pas un service à leur rendre. Cette réaction, née d’un mélange de culpabilité, de compassion et d’impuissance, conduirait à installer durablement ces jeunes défavorisés dans la catégorie des victimes. En les confortant dans ce rôle, on les priverait du goût de l’effort et des anticorps nécessaires pour lutter contre les difficultés de l’existence et se construire une vie digne.
Ces jeunes n’ont pas besoin de compassion, ils ont besoin de respect. Ils ont besoin de s’entendre dire : « vous aussi, vous pouvez y arriver, il n’y a pas de fatalité, prenez votre vie en main, entreprenez, car personne ne le fera pour vous ». Le film a montré la face sombre du problème. Il aurait pu montrer également l’énergie entrepreneuriale qui se dégage de ces jeunes, énergie que 100.000 entrepreneurs mesure tous les jours. Parmi eux, les jeunes filles issues de l’immigration portent en elles une volonté extraordinaire. Véritables moteurs de l’intégration, elles ont compris que la réussite scolaire et professionnelle constitue le meilleur garant de leur émancipation.
Appuyons-nous sur ces futurs entrepreneurs et sur ces jeunes filles, ne ratons pas cette chance. Témoignons-leur de la possibilité d’entreprendre, faisons leur partager nos expériences, accueillons-les dans nos univers professionnels avec toute l’estime qu’ils méritent. Fiers d’eux-mêmes, ils reprendront l’initiative.
Philippe Hayat
Posté par 100 000 Entrepreneurs le 24 septembre 2008 dans Philippe Hayat, Tribunes | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Une tribune de Philippe Hayat, ce jour, dans le quotidien Les Echos, relative aux texte en discussion au Sénat sur le statut de l'auto-entrepreneur.
---------------------
Messieurs les Sénateurs, vous tenez entre les mains un texte révolutionnaire : le statut de l’auto-entrepreneur.
Par Philippe Hayat, Président de 100.000 entrepreneurs et Professeur à Sciences Po
Le projet de loi dit de « modernisation de l’économie » vient d’être adopté en première lecture par l’Assemblée Nationale. Le texte est à présent soumis à l’analyse de la Haute Assemblée. Puissent les Sénateurs prendre conscience de l’importance historique de ce texte pour un pays réputé peu enclin à l’entrepreneuriat.
Le premier volet de ce projet de loi vise à stimuler la mobilisation des entrepreneurs. Il porte des mesures tout à fait importantes pour le développement des PME (plafonnement à 60 jours calendaires des délais de paiement entre les entreprises, accès préférentiel des PME innovantes aux commandes publiques, imputation immédiate des déficits de l’entreprise sur le revenu de ses associés, neutralisation de l’impact du franchissement des seuils lorsque l’entreprise passe à 10, puis à 20 salariés, incitation à la transmission d’entreprise aux salariés ou au cercle familial). Mais c’est bien le chapitre sur la création du régime de l’ « auto-entrepreneur » qui en fait un texte révolutionnaire.
L’auto-entrepreneur est une personne désirant mener une activité professionnelle indépendante, à revenus limités (80.000 € pour une activité commerciale, 32.000 € pour une activité de services), à titre principal ou parallèlement à son statut de salarié ou de retraité. Ce nouveau régime encourage aussi bien l’étudiant, le chômeur, l’artisan ou le commerçant à se lancer : il lui permet d’exercer son activité sur simple déclaration ; il lui fait payer des charges uniquement en fonction du chiffre d’affaires qu’il réalise (13% du chiffre d’affaires pour une activité commerciale, 23 % pour une activité de services) ; il protège l’ensemble de son patrimoine immobilier ; il lui permet de cotiser pour sa couverture sociale et sa retraite.
Si ce statut est révolutionnaire, c’est parce qu’au-delà des mesures administratives, financières ou fiscales, il favorise l’émergence d’une véritable culture entrepreneuriale. En permettant à l’indépendant, au salarié ou au retraité de « tester » l’entrepreneuriat à petite échelle, de façon simple et sans prendre de risque, l’auto-entrepreneur s’initie à l’acte d’entreprendre. Il en démystifie les difficultés ; il se découvre porteur d’initiative, il goûte à la satisfaction de porter son propre projet. L’entrepreneur ainsi désinhibé prendra plus facilement le risque de transformer sa micro-entreprise en petite entreprise, qui, lorsqu’elle grandira, contribuera à créer des richesses, de l’innovation et de l’emploi.
Cette incitation à entreprendre intervient au bon moment. Le développement des plates-formes de commerce électronique favorisent l’émergence de nouvelles opportunités entrepreneuriales. Aujourd’hui déjà, des dizaines de milliers de particuliers achètent et revendent des produits et services sur Internet de façon quasi-professionnelle. Demain, l’explosion attendue des services à la personne transformera de nombreux individus en offreur de services. Ces nouvelles activités sont une réalité, et le régime de l’auto-entrepreneur s’y adapte particulièrement bien. Il s’avère même indispensable pour encadrer réglementairement cette économie des temps modernes et lutter contre le travail non déclaré. Il permettra à chacun d’exercer son activité selon les mêmes règles du jeu, au sein d’une compétition légalisée.
Entreprendre n’est pas un acte naturel dans notre pays, puisque trois entrepreneurs français sur quatre sont issus d’une famille d’entrepreneurs. Et pourtant, un français sur deux souhaiterait entreprendre. Le régime de l’auto-entrepreneur l’incitera à découvrir que cette aventure est à portée de main.
Messieurs les Sénateurs, ne gâchez pas cette chance.
Posté par 100 000 Entrepreneurs le 02 juillet 2008 dans Entrepreneurs, Médias, Philippe Hayat, Tribunes | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)


Les commentaires récents